S'affirmer...

Publié le par Fanchon

 

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"Quand vous dites oui aux autres, vérifiez bien que vous n'êtes pas en train de dire non à vous-même."

 

Paulo Coelho

 

 

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Publié dans Citations

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L
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> et pour célébrer ce début d'octobre avec le soleil un long poème ...<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Alfred de MUSSET<br />   (1810-1857)<br /> <br /> <br /> <br /> La nuit d'octobre<br /> <br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> Le mal dont j'ai souffert s'est enfui comme un rêve.<br /> Je n'en puis comparer le lointain souvenir<br /> Qu'à ces brouillards légers que l'aurore soulève,<br /> Et qu'avec la rosée on voit s'évanouir.<br /> <br /> LA MUSE<br /> <br /> Qu'aviez-vous donc, ô mon poète !<br /> Et quelle est la peine secrète<br /> Qui de moi vous a séparé ?<br /> Hélas ! je m'en ressens encore.<br /> Quel est donc ce mal que j'ignore<br /> Et dont j'ai si longtemps pleuré ?<br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> C'était un mal vulgaire et bien connu des hommes ;<br /> Mais, lorsque nous avons quelque ennui dans le coeur,<br /> Nous nous imaginons, pauvres fous que nous sommes,<br /> Que personne avant nous n'a senti la douleur.<br /> <br /> LA MUSE<br /> <br /> Il n'est de vulgaire chagrin<br /> Que celui d'une âme vulgaire.<br /> Ami, que ce triste mystère<br /> S'échappe aujourd'hui de ton sein.<br /> Crois-moi, parle avec confiance ;<br /> Le sévère dieu du silence<br /> Est un des frères de la Mort ;<br /> En se plaignant on se console,<br /> Et quelquefois une parole<br /> Nous a délivrés d'un remord.<br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> S'il fallait maintenant parler de ma souffrance,<br /> Je ne sais trop quel nom elle devrait porter,<br /> Si c'est amour, folie, orgueil, expérience,<br /> Ni si personne au monde en pourrait profiter.<br /> Je veux bien toutefois t'en raconter l'histoire,<br /> Puisque nous voilà seuls, assis près du foyer.<br /> Prends cette lyre, approche, et laisse ma mémoire<br /> Au son de tes accords doucement s'éveiller.<br /> <br /> LA MUSE<br /> <br /> Avant de me dire ta peine,<br /> Ô poète ! en es-tu guéri ?<br /> Songe qu'il t'en faut aujourd'hui<br /> Parler sans amour et sans haine.<br /> S'il te souvient que j'ai reçu<br /> Le doux nom de consolatrice,<br /> Ne fais pas de moi la complice<br /> Des passions qui t'ont perdu,<br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> Je suis si bien guéri de cette maladie,<br /> Que j'en doute parfois lorsque j'y veux songer ;<br /> Et quand je pense aux lieux où j'ai risqué ma vie,<br /> J'y crois voir à ma place un visage étranger.<br /> Muse, sois donc sans crainte ; au souffle qui t'inspire<br /> Nous pouvons sans péril tous deux nous confier.<br /> Il est doux de pleurer, il est doux de sourire<br /> Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier.<br /> <br /> LA MUSE<br /> <br /> Comme une mère vigilante<br /> Au berceau d'un fils bien-aimé,<br /> Ainsi je me penche tremblante<br /> Sur ce coeur qui m'était fermé.<br /> Parle, ami, - ma lyre attentive<br /> D'une note faible et plaintive<br /> Suit déjà l'accent de ta voix,<br /> Et dans un rayon de lumière,<br /> Comme une vision légère,<br /> Passent les ombres d'autrefois.<br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> Jours de travail ! seuls jours où j'ai vécu !<br /> Ô trois fois chère solitude !<br /> Dieu soit loué, j'y suis donc revenu,<br /> À ce vieux cabinet d'étude !<br /> Pauvre réduit, murs tant de fois déserts,<br /> Fauteuils poudreux, lampe fidèle,<br /> Ô mon palais, mon petit univers,<br /> Et toi, Muse, ô jeune immortelle,<br /> Dieu soit loué, nous allons donc chanter !<br /> Oui, je veux vous ouvrir mon âme,<br /> Vous saurez tout, et je vais vous conter<br /> Le mal que peut faire une femme ;<br /> Car c'en est une, ô mes pauvres amis<br /> (Hélas ! vous le saviez peut-être),<br /> C'est une femme à qui je fus soumis,<br /> Comme le serf l'est à son maître.<br /> Joug détesté ! c'est par là que mon coeur<br /> Perdit sa force et sa jeunesse ; -<br /> Et cependant, auprès de ma maîtresse,<br /> J'avais entrevu le bonheur.<br /> Près du ruisseau, quand nous marchions ensemble,<br /> Le soir, sur le sable argentin,<br /> Quand devant nous le blanc spectre du tremble<br /> De loin nous montrait le chemin ;<br /> Je vois encore, aux rayons de la lune,<br /> Ce beau corps plier dans mes bras...<br /> N'en parlons plus... - je ne prévoyais pas<br /> Où me conduirait la Fortune.<br /> Sans doute alors la colère des dieux<br /> Avait besoin d'une victime ;<br /> Car elle m'a puni comme d'un crime<br /> D'avoir essayé d'être heureux.<br /> <br /> LA MUSE<br /> <br /> L'image d'un doux souvenir<br /> Vient de s'offrir à ta pensée.<br /> Sur la trace qu'il a laissée<br /> Pourquoi crains-tu de revenir ?<br /> Est-ce faire un récit fidèle<br /> Que de renier ses beaux jours ?<br /> Si ta fortune fut cruelle,<br /> Jeune homme, fais du moins comme elle,<br /> Souris à tes premiers amours.<br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> Non, - c'est à mes malheurs que je prétends sourire.<br /> Muse, je te l'ai dit : je veux, sans passion,<br /> Te conter mes ennuis, mes rêves, mon délire,<br /> Et t'en dire le temps, l'heure et l'occasion.<br /> C'était, il m'en souvient, par une nuit d'automne,<br /> Triste et froide, à peu près semblable à celle-ci ;<br /> Le murmure du vent, de son bruit monotone,<br /> Dans mon cerveau lassé berçait mon noir souci.<br /> J'étais à la fenêtre, attendant ma maîtresse ;<br /> Et, tout en écoutant dans cette obscurité,<br /> Je me sentais dans l'âme une telle détresse<br /> Qu'il me vint le soupçon d'une infidélité.<br /> La rue où je logeais était sombre et déserte ;<br /> Quelques ombres passaient, un falot à la main ;<br /> Quand la bise sifflait dans la porte entr'ouverte,<br /> On entendait de loin comme un soupir humain.<br /> Je ne sais, à vrai dire, à quel fâcheux présage<br /> Mon esprit inquiet alors s'abandonna.<br /> Je rappelais en vain un reste de courage,<br /> Et me sentis frémir lorsque l'heure sonna.<br /> Elle ne venait pas. Seul, la tête baissée,<br /> Je regardai longtemps les murs et le chemin, -<br /> Et je ne t'ai pas dit quelle ardeur insensée<br /> Cette inconstante femme allumait en mon sein ;<br /> Je n'aimais qu'elle au monde, et vivre un jour sans elle<br /> Me semblait un destin plus affreux que la mort.<br /> Je me souviens pourtant qu'en cette nuit cruelle<br /> Pour briser mon lien je fis un long effort.<br /> Je la nommai cent fois perfide et déloyale,<br /> Je comptai tous les maux qu'elle m'avait causés.<br /> Hélas ! au souvenir de sa beauté fatale,<br /> Quels maux et quels chagrins n'étaient pas apaisés !<br /> Le jour parut enfin. - Las d'une vaine attente,<br /> Sur le bord du balcon je m'étais assoupi ;<br /> Je rouvris la paupière à l'aurore naissante,<br /> Et je laissai flotter mon regard ébloui.<br /> Tout à coup, au détour de l'étroite ruelle,<br /> J'entends sur le gravier marcher à petit bruit...<br /> Grand Dieu ! préservez-moi ! je l'aperçois, c'est elle ;<br /> Elle entre. - D'où viens-tu ? Qu'as-tu fait cette nuit ?<br /> Réponds, que me veux-tu ? qui t'amène à cette heure ?<br /> Ce beau corps, jusqu'au jour, où s'est-il étendu ?<br /> Tandis qu'à ce balcon, seul, je veille et je pleure,<br /> En quel lieu, dans quel lit, à qui souriais-tu ?<br /> Perfide ! audacieuse ! est-il encor possible<br /> Que tu viennes offrir ta bouche à mes baisers ?<br /> Que demandes-tu donc ? par quelle soif horrible<br /> Oses-tu m'attirer dans tes bras épuisés ?<br /> Va-t'en, retire-toi, spectre de ma maîtresse !<br /> Rentre dans ton tombeau, si tu t'en es levé ;<br /> Laisse-moi pour toujours oublier ma jeunesse,<br /> Et, quand je pense à toi, croire que j'ai rêvé !<br /> <br /> LA MUSE<br /> <br /> Apaise-toi, je t'en conjure ;<br /> Tes paroles m'ont fait frémir.<br /> Ô mon bien-aimé ! ta blessure<br /> Est encor prête à se rouvrir.<br /> Hélas ! elle est donc bien profonde ?<br /> Et les misères de ce monde<br /> Sont si lentes à s'effacer !<br /> Oublie, enfant, et de ton âme<br /> Chasse le nom de cette femme,<br /> Que je ne veux pas prononcer.<br /> <br /> LE POÈTE<br /> <br /> Honte à toi qui la première<br /> M'as appris la trahison,<br /> Et d'horreur et de colère<br /> M'as fait perdre la raison !<br /> Honte à toi, femme à l'oeil sombre,<br /> Dont les funestes amours<br /> Ont enseveli dans l'ombre<br /> Mon printemps et mes beaux jours !<br /> C'est ta voix, c'est ton sourire,<br /> C'est ton regard corrupteur,<br /> Qui m'ont appris à maudire<br /> Jusqu'au semblant du bonheur ;<br /> C'est ta jeuness<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Un très beau texte...<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> /agree ^^<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Il a raison ce cher Paolo, malheureusement parfois...................<br /> <br /> <br /> bisous et bon dimanche<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Entièrement d'accord !<br /> <br /> <br /> Bisous et à bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> C'est tellement vrai. :)<br /> <br /> <br /> J'espère que tu vas bien. Bonne soirée, bises !<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Oui, je vais bien, je te remercie.<br /> <br /> <br /> Passe un très bon weekend ! :-)<br /> <br /> <br /> <br />